Anti-âge de nouvelle génération : agir sur la cause
Quand on parle d’anti-âge, on pense souvent à ralentir les effets du temps. Pourtant, toutes les approches n’agissent pas au même niveau. Les avancées en biologie du vieillissement permettent aujourd’hui de faire une distinction essentielle : certaines approches ciblent les conséquences du vieillissement, tandis que d’autres interviennent directement à sa source, avant même que les déséquilibres apparaissent.
Le vieillissement : une poussée biologique qui persiste
Le vieillissement n’est pas qu’une simple usure liée au temps, mais un processus biologique actif et progressif. Au cœur de ce phénomène se trouve le vieillissement primaire, directement lié aux mécanismes qui soutiennent la croissance et le développement en début de vie. Or, cette poussée naturelle de l’organisme à se développer ne s’arrête pas complètement à l’âge adulte : elle se prolonge, alors même qu’elle ne serait plus nécessaire. Avec le temps, cette activité persistante exerce une pression continue sur les cellules, ce qui perturbe leur fonctionnement et réduit progressivement leur capacité de réparation. Il en résulte un déséquilibre croissant entre la capacité du corps à se réguler et les dommages qui s’accumulent.
À ce vieillissement primaire s’ajoute le vieillissement secondaire, influencé par les habitudes de vie et l’environnement, comme l’alimentation, le stress, le sommeil, l’activité physique ou l’exposition aux toxines. Autrement dit, chacun possède une dynamique biologique de vieillissement, mais celle-ci peut être accélérée ou ralentie selon le mode de vie. Le vieillissement peut ainsi être représenté comme un continuum, une progression graduelle et en continue entre un état optimal et des états de déséquilibre, bien avant l’apparition de la maladie.

ERIC SIMARD, 2025. MON PROTOCOLE LONGÉVITÉ
ð Plus on agit tôt dans ce processus, plus les impacts bénéfiques sur la santé seront importants.
Deux façons d’agir sur le vieillissement
En science, on distingue aujourd’hui deux grandes catégories d’approches anti-âge.
2.1) Corriger les effets du vieillissement : les géroprotecteurs
Les approches conventionnelles reposent principalement sur l’utilisation de géroprotecteurs, qui demeurent aujourd’hui les plus répandus. Ces molécules n’agissent pas directement sur le vieillissement primaire, mais interviennent plutôt en aval, lorsque les déséquilibres sont déjà installés. Ils agissent sur des dysfonctions cellulaires.
Les géroprotecteurs se définissent par leur capacité à exercer des effets protecteurs sur certains mécanismes du vieillissement, à apporter des bénéfices confirmés sur une ou plusieurs maladies liées à l’âge, et à cibler des fonctions spécifiques de l’organisme. Certaines molécules peuvent ainsi améliorer le fonctionnement cellulaire ou soutenir les capacités de réparation, sans pour autant ralentir le processus fondamental du vieillissement.
Concrètement, ils agissent notamment sur le stress oxydatif, l’inflammation chronique, les déséquilibres métaboliques, les dysfonctions mitochondriales et les dommages cellulaires déjà présents. Des composés comme la coenzyme Q10, la spermidine ou la mélatonine en sont de bons exemples, aux côtés d’autres molécules fréquemment utilisées comme la quercétine, la NAC, la curcumine, le NMN ou le collagène.
Leur objectif est donc de compenser, soutenir et réparer les effets du vieillissement. Ces approches peuvent être pertinentes et complémentaires, mais elles présentent une limite importante : elles ciblent principalement les dysfonctions déjà installées, sans agir directement à la source du vieillissement.
2.2) Agir à la source : les gérosuppresseurs
À l’inverse des approches conventionnelles, les gérosuppresseurs - du grec « géro » (vieillissement) et « suppresseur » (ralentir), qualifiés d’anti-âge de nouvelle génération - représentent une approche plus récente et plus fondamentale. Leur particularité est d’agir en amont, directement sur les mécanismes du vieillissement primaire, avant même l’installation des déséquilibres.
Les gérosuppresseurs sont des molécules capables de ralentir ce vieillissement primaire et, par conséquent, d’influencer l’ensemble du continuum de longévité. Pour confirmer qu’une molécule appartient réellement à cette catégorie, trois critères sont essentiels : un ralentissement du vieillissement démontré par des mesures cellulaires, des bénéfices observés sur plusieurs maladies liées à l’âge, ainsi que des impacts métaboliques mesurables.
Concrètement, ils agissent sur des mécanismes clés du vieillissement primaire tels que la signalisation mTOR, l’axe insuline/IGF-1, l’hyperstimulation métabolique et les voies de croissance cellulaire. Parmi eux, mTOR occupe une place importante : il s’agit d’une molécule de signalisation, souvent décrite comme le chef d’orchestre du développement. Bien qu’essentielle en début de vie, son activité qui continue après l’âge adulte, contribue à accélérer le processus de vieillissement.
L’objectif des gérosuppresseurs est donc de ralentir ce « moteur » biologique, afin de préserver un fonctionnement cellulaire optimal et de soutenir les capacités naturelles de réparation. Car au cœur du vieillissement primaire se trouve un élément clé : la diminution progressive de cette capacité de réparation, qui favorise l’émergence de déséquilibres métaboliques et de phénomènes inflammatoires.
Dans ce contexte, certaines molécules naturelles, comme les polyphénols d’olive que nous verrons plus loin ensemble, s’inscrivent pleinement dans cette approche.
Une distinction est essentielle : là où les géroprotecteurs cherchent à corriger les effets du vieillissement (les dégâts installés), les gérosuppresseurs visent à ralentir le processus même qui les génère.

ERIC SIMARD, 2025. MON PROTOCOLE LONGÉVITÉ
Le vieillissement : un processus modulable
Les recherches récentes montrent d’ailleurs que le vieillissement est biologiquement modulable. En agissant à la fois sur les mécanismes du vieillissement primaire et sur les facteurs liés au vieillissement secondaire (nos habitudes de vie), il devient possible de retarder l’apparition des maladies liées à l’âge, d’améliorer la santé métabolique, d’augmenter la résilience de l’organisme et de prolonger la durée de vie en bonne santé (‘’Healthspan’’). Cette compréhension ouvre la voie à une approche plus globale, préventive et stratégique de la santé. C’est ce que l’on appelle de la longévité fonctionnelle.
Quand la nature inspire la science
Certaines molécules naturelles s’inscrivent particulièrement bien dans cette approche et sont aujourd’hui reconnues comme des gérosuppresseurs. C’est notamment le cas des polyphénols, une vaste famille qui regroupe plus de 10 000 composés d’origine végétale. Parmi cette grande diversité, les polyphénols d’olive constituent une famille plus spécifique, regroupant environ 30 à 50 composés, dont l’hydroxytyrosol. Ces composés suscitent un intérêt particulier en raison de leur capacité à agir directement sur les mécanismes fondamentaux du vieillissement (le vieillissement primaire).
Leur action repose notamment sur la xénohormèse, un phénomène par lequel les molécules produites par les plantes pour se protéger du stress environnemental activent, chez l’humain, des mécanismes similaires d’adaptation et de résistance.
Dans ce contexte, les polyphénols d’olive peuvent moduler des voies clés du vieillissement, notamment AMPK — un régulateur énergétique associé à la longévité et à la régulation de l’activité de mTOR — ainsi que SIRT1.
Ils contribuent à soutenir le métabolisme et à exercer des effets cardioprotecteurs, avec des données suggérant également des effets anticancéreux observés in vitro.
Dans un contexte scientifique plus large, plusieurs études cliniques confirment leurs effets bénéfiques chez l’humain, notamment sur les paramètres métaboliques et cardiovasculaires. On observe entre autres une réduction du LDL oxydé (‘’mauvais cholestérol’’), une amélioration du HDL (‘’bon cholestérol’’) et des effets positifs sur certains marqueurs du syndrome métabolique.
Enfin, contrairement à une approche consistant à fournir des antioxydants de l’extérieur, les polyphénols d’olive stimulent la production naturelle d’antioxydants par les cellules elles-mêmes. Ce mécanisme, plus physiologique, permet une réponse mieux régulée, naturelle et plus efficace pour soutenir l’équilibre cellulaire à long terme.

Nos travaux de recherche menés à l’Université Laval ont d’ailleurs permis de développer une composition spécifique et optimisée de polyphénols d’olive. Grâce à une technologie brevetée, cette formulation unique, appelée Complexe Provitol*, a été mise au point et est aujourd’hui exclusive aux produits Vitoli afin de maximiser ses effets sur le métabolisme et le vieillissement cellulaire. Cette composition particulière de polyphénols d’olive est produite directement à partir d’olives sélectionnées, en Espagne, à partir d’une technologie brevetée.
*À la dose recommandée par l’Union Européenne pour la réduction des risques de maladies cardiovasculaires.
Des impacts concrets sur le métabolisme, l’énergie et la performance
Les recherches cliniques mettent également en évidence des effets mesurables des polyphénols d’olive sur la capacité physique, notamment par l’amélioration du VO2max, un indicateur clé de la capacité du corps à utiliser l’oxygène.
Une augmentation du VO2max reflète une production d’énergie plus efficace, une meilleure tolérance à l’effort et une amélioration de la performance globale.
C’est aussi un excellent indicateur de santé et de longévité.
Les études rapportent aussi une meilleure efficacité respiratoire, une réduction de la fatigue perçue, une récupération plus rapide après l’effort ainsi qu’une diminution du stress oxydatif lié à l’exercice. Ces effets traduisent un impact concret sur la résilience et le fonctionnement global de l’organisme, et suggèrent un intérêt particulier des polyphénols d’olive pour les personnes pratiquant un entraînement aérobie régulier.
Vers une nouvelle vision de l’anti-âge
Ces avancées illustrent un véritable changement de paradigme. On passe d’une logique de correction des symptômes à une approche qui cherche à intervenir sur les causes profondes du vieillissement en améliorant le fonctionnement cellulaire et en stimulant les mécanismes de réparation. Les gérosuppresseurs s’inscrivent dans cette évolution : ils ne remplacent pas les approches existantes, mais ils ajoutent une dimension essentielle en agissant à la racine du processus du vieillissement.
Cette capacité d’agir en amont des processus leur permet un plus grand nombre d’impacts bénéfiques et des améliorations plus globales sur la santé. Les anti-âges de nouvelle génération, appelés gérosuppresseurs, sont les molécules anti-âges les plus puissantes, qui auront les retombées les plus importantes, pour augmenter vos chances de longévité en santé.
En conclusion
En définitive, tous les anti-âge ne se valent pas, car ils n’agissent pas au même niveau. Comprendre la différence entre corriger les conséquences du vieillissement (les dysfonctions avec les géroprotecteurs) et agir sur ses mécanismes fondamentaux (l’hyperfonction avec les gérosuppresseurs) permet de faire des choix plus éclairés, en cohérence avec une vision structurée et fonctionnelle de la longévité.
Aujourd’hui, la science nous montre que le vieillissement n’est plus seulement une réalité à subir, mais un processus que l’on peut mieux comprendre, moduler et accompagner de manière plus précise et intelligente.
Références
Blagosklonny MV. Answering the ultimate question “what is the proximal cause of aging?”. Aging (Albany NY). 2012 Dec;4(12):861-77.
Blagosklonny, 2013. Big mice die young but large animals live longer. AGING, Avril 2013, Vol. 5 No 4.
de Pablos et al, 2019. Hydroxytyrosol protects from aging process via AMPK and autophagy; a review of its effects on cancer, metabolic syndrome, osteoporosis, immunemediated and neurodegenerative diseases. Pharmacological Research 143 (2019) 58–72.
DeVito et al, 2022. Extending human healthspan and longevity: a symposium report. Ann N Y Acad Sci. 2022 Jan;1507(1):70-83. doi: 10.1111/nyas.14681. Epub 2021 Sep 8. PMID: 34498278.
Fytili et al, 2022. Effect of Long-Term Hydroxytyrosol Administration on Body Weight, Fat Mass and Urine Metabolomics: A Randomized Double-Blind Prospective Human Study. 2022 Apr 6;14(7):1525.
Javier A. Menendez, Jorge Joven, Gerard Aragonès, Enrique Barrajón-Catalán et al., Cell Cycle 2013.
Kaeberlein, 2015. Healthy aging: The ultimate preventative medicine. Science, 2015 Dec 4 ;350(6265) :1191-3.
Leonov et al, 2015. Longevity extension by phytochemicals. 2015 Apr 13;20(4):6544-72.
Longo et al, 2015. Interventions to Slow Aging in Humans: Are We Ready? Aging Cell. 2015 Aug;14(4):497-510.
López-Otín et al, 2013. The hallmarks of aging. Jun 6;153(6):1194-217.
Menendez et al, 2013. Xenohormetic and anti-aging activity of secoiridoid polyphenols present in extra virgin olive oil. A new family of gerosuppressant agents. Cell Cycle 12:4, 555–578; February 15, 2013.
Partridge et al, 2020. The quest to slow ageing through drug discovery. Nat Rev Drug Discov. 2020 Aug;19(8):513-532.
Peyrol et al, 2017. Hydroxytyrosol in the Prevention of the Metabolic Syndrome and Related Disorders. Nutrients 2017, 9, 306.
Roberts J.D. et al. (2022) - The Impact of a Natural Olive-Derived Phytocomplex on Exercise-Induced Oxidative Stress in Healthy Adults. Nutrients, 14(23):5156, 2022.
Roberts J.D. et al. (2023) - The Effect of a Hydroxytyrosol-Rich, Olive-Derived Phytocomplex on Aerobic Exercise and Acute Recovery. Nutrients, 15(2):421, 2023.